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19/06/2026 8 vues 0 likes

Gouvernance au Sénégal : sommes-nous réellement prêts pour un changement radical ?

Depuis 2021, nous, le peuple sénégalais, nous sommes livrés à un combat sans merci dans l’optique de renverser le gouvernement de Macky Sall, que nous jugions nocif pour les intérê...

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Gouvernance au Sénégal : sommes-nous réellement prêts pour un changement radical ?
Depuis 2021, nous, le peuple sénégalais, nous sommes livrés à un combat sans merci dans l’optique de renverser le gouvernement de Macky Sall, que nous jugions nocif pour les intérêts du pays et de la population. Je fais partie de cette jeunesse qui a mené ce combat parce que je suis convaincue qu’une gouvernance au Sénégal reste inutile et insensée si elle n’a pas un impact positif sur le quotidien des citoyens et si elle est fondamentalement basée sur l’injustice, le népotisme, le clientélisme politique, les détournements de deniers publics, les manœuvres douteuses, pour ne citer que ceux-là. Nous avions soif de cette rupture politique prônée et incarnée par Ousmane Sonko et son parti PASTEF. Alors, nous y sommes enfin ! Cette rupture que nous souhaitions et qui a tant hanté notre sommeil est enfin en train de prendre forme. Son Excellence Bassirou Diomaye Faye, représente désormais le président de la République du Sénégal et il est appelé à mettre en œuvre ce projet de changement. Une rupture politique suffit-elle à transformer le Sénégal ? Et j’avoue que ce n’est pas la première fois que nous nous battons pour les mêmes causes. La lutte pour la conservation de nos acquis démocratiques et le développement du Sénégal remonte aux indépendances. C’est justement la raison pour laquelle j’ai tenu à produire cet article, qui renvoie à un ensemble de questionnements qu’il est pertinent de se poser. Il s’inscrit dans une logique d’introspection sur nos rapports avec ce changement radical que nous désirons tant. Une connaissance, ayant remarqué mon engagement dans cette lutte, m’a posé une question pertinente : « Oui, les causes pour lesquelles nous luttons sont nobles, mais sommes-nous réellement prêts pour les changements qu’implique l’émergence d’un pays ? » Autrement dit, sommes-nous prêts à sortir de notre zone de confort, à renoncer à la facilité que nous confère, à certains égards, ce système qui prévaut actuellement et contre lequel nous luttons? De manière plus détaillée, sommes-nous prêts à renoncer à la corruption, aux coups bas contre notre prochain ? Sommes-nous réellement prêts à accepter la règle de « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut », en nous privant ainsi de l’utilisation peu éthique des réseaux de relations pour atteindre certains privilèges ou postes lorsque nous n’avons pas les compétences requises ? Sommes-nous prêts à accepter d’être soumis à l’obligation du respect de la ponctualité, de l’assiduité, du sérieux et de la rigueur au travail sous peine de sanctions en cas de manquement à ces règles? Citoyenneté, patriotisme et responsabilité : les fondements d'une bonne gouvernance Sommes-nous vraiment prêts à respecter l’autre, ses droits, peu importe son genre, son âge, son origine ou son appartenance religieuse comme nous respectons notre personne ? Sommes-nous prêts à respecter la biodiversité, à cesser la déforestation ? Sommes-nous prêts à maintenir propre notre pays et à lutter contre l’insalubrité ? Sommes-nous prêts à nous détourner des pratiques de contournement du système pour obtenir rapidement des permis de conduire, au détriment de la sécurité de tous ? Sommes-nous prêts à subir des sanctions rigoureuses lorsque nous violons les règles ? Sommes-nous prêts à subir des sanctions rigoureuses en cas de violation du code de conduite, que l’on soit conducteur ou piéton ? Sommes-nous prêts à entretenir entre nous une relation de solidarité sincère, comme le font d’autres communautés pour ne pas les citer? Sommes-nous prêts à nous réjouir de la réussite de l’autre sans pour autant commettre un acte visant à le détruire, pour briser son élan afin de nous assurer qu’il reste au même niveau ou même descendre à un niveau plus bas? Sommes-nous prêts à soutenir nos business entre compatriotes pour faciliter la réussite de chacun? Sommes-nous prêts à mettre à la disposition de l’autre les informations que nous détenons et qui sont indispensables à sa réussite afin de le soutenir ? Sommes-nous réellement prêts à tous ces changements? Sommes-nous prêts à inculquer à nos enfants le sens du travail bien fait, le patriotisme, l’intégrité, la dignité, l’autonomie et le respect de la diversité afin que les prochaines générations soient suffisamment outillées pour prendre le relais et gérer de manière vertueuse la cité? Sommes-nous réellement prêts à…, et aussi à…?  Le changement commence-t-il par les dirigeants ou par les citoyens ? La liste est loin d’être exhaustive, mais un réel changement, une bonne gouvernance et le développement du Sénégal nécessitent tout cela et bien d’autres résolutions. Sommes-nous prêts à consentir à tous les sacrifices nécessaires afin qu’une gouvernance sobre et vertueuse puisse s’installer durablement dans notre pays ? Que pensons-nous être à l’origine de nos maux? Posons-nous les bonnes questions? Pourquoi, des indépendances à nos jours, sommes-nous dans un éternel recommencement, toujours là, à nous battre pour les mêmes causes, les mêmes dérives de nos dirigeants, au moment où beaucoup d’autres pays ont déjà résolu tous ces soucis depuis fort longtemps et en sont à un autre niveau de lutte? Pourquoi, à notre avis, nos dirigeants ont -ils tous comme dénominateur commun cet égoïsme, ce déficit de sens du patriotisme, de la transparence, de l’honnêteté envers leurs peuples ? Nos dirigeants viennent de nous et tout ce qu’ils font existe largement au sein de la société entre compatriotes. Sommes-nous prêts à nous remettre en question? à revoir notre manière d’interagir avec l’autre ? à repenser l’éducation que nous transmettons à nos enfants ? Une chose est sûre : si nous ne sommes pas prêts à nous faire violence pour l’émergence de notre patrie, le dirigeant le plus sérieux, patriotique et rigoureux au monde échouera, non pas par manque de volonté ou de compétences, mais parce que nous ne serons pas prêts pour les sacrifices qu’exige le changement. Cela dit, oui, nous sommes parvenus à renverser le gouvernement de Macky Sall avec tout ce que cette lutte a engendré comme dégâts matériels, financiers, humains et psychologiques. Nous avons élu le président Bassirou Diomaye Faye. Cependant, il ne suffit pas d’élire un président soucieux des enjeux de sa population et doté d’un fort sens du patriotisme pour prétendre au développement. Le changement commence par nous, par nos efforts individuels et collectifs. Remettons-nous en question d’abord. Revoyons notre posture et facilitons-lui la mission. HALIMATOU KEITA
, sociologue de la famille et de l’éducation, 
étudiante en communication et relations publiques

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